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L'Iran reprend ses activités nucléaires, rejette l'offre de l'UE

L'Iran a repris ses activités de conversion - mais pas d'enrichissement - d'uranium dans ses installations nucléaires d'Ispahan, opposant un non à l'Union européenne, qui l'incitait à n'en rien faire en échange de contreparties politiques et économiques.

On ignore encore la teneur exacte de la réponse iranienne à l'UE, qui avait laissé entendre que la reprise de ces activités, suspendues fin 2004, pourrait conduire à la saisine du Conseil de sécurité de l'Onu en vue de sanctionner Téhéran, comme le prône Washington.

La proposition de l'UE, qui offre à l'Iran une coopération dans le domaine nucléaire civil mais lui dénie le droit de produire son propre combustible nucléaire, "était très insultante et humiliante", a dit à la presse à Ispahan Mohammad Saeedi, directeur adjoint de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne.

L'Iran avait laissé entendre dimanche qu'il repousserait l'offre européenne et sa réponse officielle vient d'être remise aux ambassadeurs à Téhéran de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne, qui forment la "troïka" négociant avec Téhéran au nom de l'UE et avec l'assentiment des Etats-Unis.

Ceux-ci accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique. Téhéran récuse cette affirmation en affirmant poursuivre des objectifs uniquement civils, sans vouloir pour autant renoncer à son droit "souverain" à fabriquer son propre combustible nucléaire à partir de l'uranium.

Mohammad Saeedi a déclaré que l'installation de conversion de l'uranium à Ispahan avait commencé ses activités "sous la supervision de l'AIEA", dont des techniciens sont sur place pour mettre en place des caméras de surveillance avant la levée des scellés de l'AIEA réclamée par Téhéran.

Mohamed ElBaradeï, directeur de l'AIEA, a confirmé cette reprise, tout en soulignant que l'Iran n'avait pas brisé les scellés posés par l'AIEA sur les installations les plus sensibles aux termes de l'accord intervenu l'an dernier entre l'UE et l'Iran.

Ces scellés ne seront levés que mardi, lorsque toutes les caméras de surveillance auront été mises en place par l'équipe de techniciens sur place, a précisé pour sa part Saaedi.

"UNE PROVOCATION ?"

Le Conseil des gouverneurs de l'Agence doit tenir mardi une réunion extraordinaire à la demande de la "troïka" pour étudier les suites à donner à ce raidissement de l'Iran, qui vient de se doter d'un président radical, Mahmoud Ahmadinedjad.

La Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont condamné lundi la décision iranienne.

A 24 heures de la réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, Ahmadinedjad a désigné à la tête de la délégation négociant sur le dossier nucléaire avec la communauté internationale Ali Laridjani, un homme de sa mouvance politique, celle du Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khameneï.

Ancien patron de la télévision publique, Laridjani remplace Hassan Rohani comme secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) iranien. Rohani était jugé relativement modéré par les Occidentaux.

Saeedi a semblé confirmer le raidissement du régime en déclarant "illégale" par avance toute résolution du Conseil des gouverneurs de l'AIEA qui stigmatiserait l'Iran: "Nous ne l'accepterons pas et poursuivrons nos activités", a-t-il dit à la presse.

Du côté de la "troïka", on se refuse à "spéculer sur l'issue de la réunion" de Vienne, mais on s'irrite de la mauvaise tournure des événements pour les efforts européens, dont Washington a toujours paru douter de l'efficacité.

Les Etats-Unis se sont abstenus dans l'immédiat de demander que l'Iran soit appelé à comparaître devant le Conseil de sécurité de l'Onu, comme ils ont souvent menacé de le faire pour aiguillonner les négociations de la troïka.

La Grande-Bretagne a exprimé sa profonde préoccupation face à la décision de l'Iran de relancer son programme nucléaire, tandis que la France jugeait "particulièrement alarmant" le rejet des propositions faites par l'Union européenne à Téhéran.

"Nous regrettons la décision de l'Iran de rejeter les propositions (de l'UE) et sommes profondément préoccupés par les informations selon lesquelles l'Iran a aussi décidé de relancer son unité de conversion de l'uranium à Ispahan"
, indique Ian Pearson, secrétaire d'Etat au Foreign office, dans un communiqué.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a estimé que la reprise des activités de conversion d'uranium en Iran constituait une "violation claire" de l'accord de Paris, conclu l'an dernier.

Le ministre a jugé "particulièrement alarmante" la "réponse officielle négative" de l'Iran à l'UE


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# Posté le lundi 08 août 2005 17:17
Modifié le mardi 09 août 2005 15:52

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